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Tout ce qu'il faut savoir sur le CESU
La dégradation de la relation d’aide rend propice les risques de maltraitances involontaires. C’est aussi dans des situations de crise que se décide le plus souvent le placement brutal de l’aidé en institution. Mme R. a vu son désir d’aider sa mère créer un conflit familial majeur dont la résolution a laissé tout le monde perdant: « Si j’avais été seule, j’aurais pris ma mère avec moi. Mais mon mari si opposait: si tu la fais venir chez moi, je pars. On se disputait beaucoup à son sujet. Je ne m’en remettrai pas de la voir dans une maison de retraite. Je ne peux pas briser mon ménage après 35 ans de mariage. Avec mon mari, cela ne sera jamais plus comme avant. »
Nous sommes rarement préparés à ce rôle qui nous est assigné. Les formations sont presque inexistantes et l’information disponible est encore trop peu visible, voire contradictoire. De ce fait, les familles connaissent mal les mécanismes du vieillissement, les possibilités d’assistance professionnelle et les solutions de financement.
L’accompagnement spontané par les proches n’est pas toujours adapté et peut parfois aggraver involontairement la dépendance. Par exemple, l’incontinence reste encore taboue et les signes de dégradation des facultés mentales sont souvent interprétés de la manière la plus tragique possible.
Mr G. souffrait de l’inversion des rôles engendrée par la maladie: « Que pense-t-elle de moi ? J’ai pris sa place. C’est elle l’enfant. » La vieillesse n’est pourtant pas un retour à l’enfance et ne se résume certainement pas à une incapacité à faire. Il ne faut pas confondre survenue de la dépendance et perte d’autonomie.
Le désir de surprotection de l’entourage amène parfois la personne aidée à devenir complètement passive. Cela alourdit physiquement et psychiquement la charge de la personne qui l’aide et nuit au maintien de l’autonomie de la personne aidée. Aujourd’hui, c’est un enjeu national que les personnes âgées et handicapées conservent une vie sociale propre et leurs modes de vie particuliers, à travers le maintien de leur liberté de choix et d’action.
Les familles ont rarement les moyens de dépister les premiers signes de dépendance et font appel tardivement à un accompagnement professionnel. La dépendance psychique et la culpabilité de ne pouvoir gérer seul la prise en charge de l’être aimé rendent difficile de faire appel à une aide extérieure. Le plus souvent on a recours aux professionnels quand un problème insurmontable par la famille seule survient.
Toutefois, ce qui freine le plus les familles à faire appel à une aide extérieure sont des considérations financières et la rigidité des modes d’intervention.
Aujourd’hui de nouvelles solutions ont été mises en place, sous l’impulsion des pouvoirs publics, pour répondre à l’individualisation des besoins et assurer la solvabilité de la demande d’aide.
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