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Les risques d’une aide isolée

Le vieillissement de notre population est un véritable défi collectif. Si actuellement on parle beaucoup de ce thème en terme de problème (financement des retraites, conflits générationnels...), il est bon de rappeler que l’allongement de la durée de vie est une chance individuelle et sociale qui n’est jamais acquise et qu’il faut pouvoir conserver.

La vieillesse ne doit jamais devenir un fardeau. Il est pourtant fréquent que les personnes qui prennent en charge, seules, l’aide à domicile d’un proche, se retrouvent dans une situation invivable.

Les études publiées sur la santé des personnes qui aident seules un proche mettent en évidence l’impact négatif d’un stress chronique, d’un état dépressif plus fréquent, d’une augmentation des troubles cardiovasculaires, voire même d’une mortalité accrue. La santé de ceux qui s’occupent d’une personne dépendante est menacée si la relation d’aide n’est pas guidée et soutenue.

La relation d’aide intervient souvent dans un contexte familial complexe au sein duquel des souvenirs douloureux peuvent resurgir. Les groupes de parole de soutiens familiaux isolés révèlent que la plus grande souffrance rencontrée est la dépendance psychique. Comme Mme L., on peut croire être le dernier rempart avant la mise en institution d’un parent. « Il n’y a que sur moi que ma mère peut compter, cela m’effraie. Il ne faut pas que je craque, sinon que deviendra-t-elle? ».

Quand l’oubli de soi conduit à ne plus prendre soin de soi, l’épuisement est proche. La situation empire dangereusement lorsqu’on se rend compte que cet épuisement rend impossible, à terme, l’accompagnement de la personne malade.

Le désir d’assister un proche s’oppose directement à nos modes de vie modernes, à notre activité professionnelle, à notre vie familiale, sociale et amicale. Face aux problèmes chroniques de dépendance d’un proche, voire de l’aggravation de son état, les risques d’épuisement, d’isolement et de repli sur soi deviennent communs.

C’est par exemple dans un sentiment de culpabilité insurmontable que Mme C. s’est enfermée: « Je culpabilise de négliger mes deux filles au profit de ma mère. Je néglige aussi mon travail. Je suis souvent absente, ce qui pose des problèmes. »

Mme D. voyait son temps être complètement séquestré par le soutien qu’elle apportait à sa mère: « Il faut ma présence continuelle jour et nuit. Il faut accomplir pour elle tous les gestes de la vie. Une présence physique mais aussi psychologique. Je n’ai jamais l’esprit tranquille. Elle me prend tout mon temps. Je ne m’appartiens plus. C’est elle qui prend ma vie. »

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